Les craintes liées aux dépenses dans l’IA font grimper les bons du Trésor et reculer les actions asiatiques
Les inquiétudes concernant les dépenses liées à l’IA ont secoué les marchés après que Meta a annoncé sa première sortie nette de trésorerie depuis plus de dix ans. Son action a perdu environ 8 % et le Nasdaq a reculé de plus de 2 %. Les investisseurs se sont tournés vers les bons du Trésor américain, qui ont enregistré leur plus forte hausse en une séance depuis plus de trois ans. Le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a baissé de 19 points de base, à environ 4,96 %, tandis que les opérateurs ont réduit leurs paris sur de nouvelles hausses des taux de la Réserve fédérale.
Les marchés d’actions asiatiques ont également fléchi : le Nikkei japonais a perdu 1,3 %, le KOSPI sud-coréen a reculé de 1,7 % et l’indice plus large Asie-Pacifique, hors Japon, a baissé de 0,3 %. Parallèlement, le Brent a atteint un sommet sur cinq mois, à 110–113 dollars le baril, en raison des inquiétudes concernant l’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient. La combinaison de signes de ralentissement de la croissance et de prix du pétrole plus élevés amène les marchés à mettre en balance les risques de récession et une inflation persistante. La hausse des bons du Trésor traduit un mouvement vers des actifs plus sûrs, tandis que les prochains résultats des entreprises technologiques pourraient atténuer ou accentuer les inquiétudes concernant le coût des investissements dans l’IA.
Bearish
Le signal immédiat du marché est à l’aversion au risque. Les inquiétudes concernant l’ampleur des investissements dans l’IA et leur rendement ont provoqué une forte baisse du Nasdaq et incité les investisseurs à rechercher la sécurité des bons du Trésor américain. En période de tension, les cryptoactifs se négocient souvent comme des actions technologiques à bêta élevé ; une baisse généralisée de l’appétit pour le risque pourrait donc peser à court terme sur le Bitcoin et les autres actifs numériques. L’article ne fait toutefois état d’aucun catalyseur directement lié aux cryptomonnaies : l’effet est donc indirect et ne traduit pas une évolution des fondamentaux du secteur.
La hausse des bons du Trésor et le recul des anticipations de relèvement des taux par la Fed constituent un facteur compensatoire. Une baisse des rendements peut assouplir les conditions financières et soutenir les actifs spéculatifs si les opérateurs y voient le signe d’une politique monétaire moins restrictive. Cependant, la baisse des rendements rapportée semble liée aux inquiétudes sur la croissance, tandis que le Brent, à son plus haut niveau depuis cinq mois, accroît le risque d’une inflation persistante. Si les cours du pétrole continuent de grimper, les rendements et les anticipations de taux pourraient repartir à la hausse, ce qui accentuerait la volatilité sur les marchés.
Des épisodes similaires d’aversion au risque ont souvent exercé une pression à court terme sur les cryptomonnaies, parallèlement aux valeurs technologiques, avant une reprise lorsque les anticipations de taux ou les conditions de liquidité s’amélioraient. Pour l’heure, les opérateurs pourraient surveiller les rendements américains, les prix du pétrole, les résultats des grandes entreprises technologiques et la corrélation entre le Bitcoin et les actions. Des inquiétudes persistantes concernant les dépenses liées à l’IA pourraient prolonger les positions défensives ; des résultats rassurants ou un recul des pressions inflationnistes pourraient inverser la tendance. Dans l’ensemble, les risques immédiats penchent à la baisse pour les cryptomonnaies, mais la direction reste incertaine et peut évoluer en fonction des données macroéconomiques et du positionnement des marchés.